Adobe Streamline – à ne pas confondre avec StreamLine – est une application vénérable qui fait une seule chose, et une seule : convertir des images matricielles en art vectoriel. Ceux qui l'utilisent l'adorent. Ceux qui ne l'utilisent pas ne savent même pas qu'ils en ont besoin. Pourquoi, alors, Adobe a-t-elle négligé si longtemps le soutien de SL?
Un peu de perspective
Streamline en est toujours à la version 4.0. Cette version visait Windows 95/NT, Macintosh / PowerMac. Il n'y a pas eu de mise à jour depuis plus de cinq ans.
L'art vectoriel est sans doute plus en demande ces dernières années qu'au moment de la sortie de SL 4. L'âge d'or de Flash est venu et reparti sans nouvelle version. L'animation classique et l'illustration sont plus en demande que jamais.
L'esthétique vectorielle
Les vecteurs ont assurément un look. Cette esthétique, qu'on l'aime ou non, fait partie de la conscience collective. Des logos élégants aux personnages trapus inspirés de l'anime en passant par les illustrations de vêtements urbains, le vectoriel est à la mode.
Il suffit de regarder les récentes publicités télé et imprimées de l'iPod d'Apple pour voir l'esthétique vectorielle à l'œuvre. Je sais, ce n'est pas vraiment de l'art vectoriel, mais l'origine de leur style aplati aux couleurs unies est évidente.
Pourquoi Streamline?
Vous vous demandez peut-être pourquoi je tiens tant à une technologie anachronique datant de l'âge sombre d'avant OS X. Mes raisons ne sont pas entièrement nostalgiques.
Images de banque : les images de banque ne sont pas bon marché. Et un seul fichier source ne convient pas à tous les usages. Pensez à l'abondance d'illustrations au trait du XIXe siècle, toutes du domaine public, facilement accessibles pour vos créations.
Taille : les vecteurs ont l'avantage de pouvoir être agrandis à l'infini sans perte de qualité. Je me souviens d'un contrat de logo où j'ai utilisé une numérisation d'une illustration qui ne faisait pas plus d'un pouce carré. Je l'ai numérisée, retouchée, passée dans Streamline, puis déposée dans Illustrator. En quelques minutes, j'avais la base d'un design que je pouvais agrandir au format affiche.
C'est beau : je dessine bien, mais avec toutes ces applications à suivre, je n'ai pas beaucoup de temps pour pratiquer. Vous pouvez ajuster le processus de vectorisation dans Streamline autant que vous le voulez, et oui, il gère la couleur.
Vous pouvez prendre une esquisse grossière, l'encrer avec un feutre fin (facultatif), la peaufiner dans Illustrator avec toutes les transformations vectorielles, la remplir de couleurs de base, puis l'amener dans Photoshop pour les effets spéciaux. On peut faire la même chose avec une photo pour obtenir un aspect illustré à la main. Ça semble beaucoup de travail, mais j'ai réduit mon processus à trente minutes, de la conception au produit fini. Essayez de faire ça dans Photoshop seulement.
Voici un exemple de mon travail avec SL d'il y a quelques années :
[Illustration présentée à l'origine ici.]
Solutions de rechange
Voici d'autres méthodes pour convertir des images matricielles en vecteurs :
Adobe Illustrator possède un outil de vectorisation (Trace) : cette fonction exige une sélection manuelle et manque d'options.
Macromedia Flash offre Bitmap > Trace Bitmap. Cette fonction est plus avancée que la précédente, mais le contrôle reste limité.
La dernière option offerte sous OS X est une application appelée Silhouette. À sa décharge, je n'ai utilisé que la version de démonstration. La version que j'ai essayée n'est ni aussi intuitive ni aussi complète qu'Adobe Streamline.
Ce que vous pouvez faire
Sur les forums d'Adobe, des gens défendent vaillamment Streamline. Les participants vont des animateurs aux directeurs artistiques de magazines. Allez-y et faites-vous entendre.
Si vous utilisez un PC, ou si utiliser OS9 ne vous dérange pas, vous pouvez encore acheter Streamline 4.0.
Utilisez-le. Adoptez-le. Streamline est un vieux programme à la recherche de nouveaux utilisateurs.