Après des années à utiliser et à implanter des logiciels libres pour des clients, j’ai enfin assisté à une conférence sur le logiciel libre. Il a simplement fallu qu’elle vienne là où j’habite, à Vancouver. Cette semaine, quelques centaines de développeurs, de rédacteurs de documentation et de groupies du logiciel libre (ou « gens d’affaires », comme on nous appelle plus souvent) sont arrivés avec leurs portables et la tête pleine d’idées pour l’édition 2006 de l’OSCMS Summit. C’est-à-dire l’Open Source Content Management System Summit, pour ceux que les acronymes rebutent.
Les marqueurs à effacement à sec ont glissé sur les tableaux et les feuilles détachables, des kilos de café et des litres de bière ont pris le chemin de la tuyauterie, les claviers ont été martelés, les cartes professionnelles ont volé de poche en poche, des idées ont été débattues et un nombre encore inconnu de lignes de code ont été écrites. Voilà l’environnement dans lequel je me suis retrouvé cette semaine.
J’avoue que je suis arrivé à la conférence avec l’impression de ne pas être à ma place. Je ne suis pas développeur; alors, dans un pays où la monnaie d’échange est le code, qu’est-ce que j’apporte? Je fais de la vente, du marketing, de la consultation et de la formation; s’il y a une chose, la majeure partie de ce que je fais fait de moi un capitaliste, aussi progressiste que je puisse être. J’en sais assez sur les communautés du logiciel libre pour savoir qu’elles attirent comme du miel des gens de tout le spectre des néo-hippies technos progressistes, socialement conscients et anti-entreprises. J’avais peur d’être un paria, un parasite ou l’ennemi. Comme ces craintes étaient naïves. Il s’avère que nous pouvons apporter des choses précieuses au projet de logiciel libre que nous utilisons chez Raincity Studios pour presque tous les sites Web de nos clients : Drupal.
Jusqu’à il y a environ un mois, Raincity Studios redonnait très peu au système de gestion de contenu libre sur lequel nous avons bâti notre modèle d’affaires. Nous signalions des bogues à notre partenaire technologique et fournisseur de services hébergés, Bryght, et nous réalisions les plus beaux sites Drupal au monde, mais c’était pour ainsi dire une voie à sens unique : nous faisions de l’argent, et ça s’arrêtait là. Nous avions tellement le nez dans notre travail que nous ne nous étions pas rendu compte, avant de rencontrer cette semaine tant de développeurs qui nous connaissaient et respectaient notre travail, que nous commencions déjà à atteindre notre objectif d’être la meilleure firme de design Drupal au monde.
Nous avons maintenant notre premier développeur Drupal, Steve McKenzie, qui travaille fort sur beaucoup de code Drupal et en redonne 100 % au projet pour que d’autres en profitent. J’essaie de réserver des blocs de temps raisonnables pour aider à la documentation nécessaire et pour adapter mon matériel de formation à l’intention des utilisateurs finaux. Nous essayons d’amener nos designers à collaborer avec d’autres personnes du projet Drupal pour créer une base de thème unique et cohérente que tous les designers Drupal pourront utiliser pour créer de nouveaux thèmes plus rapidement. Nous cherchons à embaucher d’autres développeurs Drupal, à former des designers talentueux à la création de thèmes Drupal, à trouver un expert en ergonomie pour soumettre Drupal à une évaluation d’ergonomie approfondie et continue, à créer des profils d’installation Bryght pour faciliter le déploiement de sites Drupal adaptés à des besoins précis, et même à mettre un peu d’argent de côté pour chaque projet client réalisé avec Drupal, en prévision du jour où une Drupal Foundation verra le jour. J’espère que d’ici la fin de 2006, nous serons l’une des organisations qui contribuent le plus au projet Drupal.
Alors merci à tous les développeurs Drupal, et à Bryght en particulier, d’avoir été patients pendant l’année où nous n’avons redonné que des rapports de bogues et des demandes de fonctionnalités. Nous avons un peu grandi, nous sommes un peu plus mûrs et prêts à faire notre part.