Je remonte jusqu'à la mi-janvier avec ce rétrolien, mais j'ai quelques heures de répit dans l'avion qui m'emmène à Turin, en Italie (allez voir 2010.dailyvancouver.com).
Bill Burnham ne publie pas souvent, mais quand il le fait, ses billets sont riches en information, soit du point de vue des données, soit remplis de réflexions profondes. Son billet Unified Theory of Search, Social Networking, Structured Blogging, RSS and the Active Web appartient à la seconde catégorie et ne déçoit pas. Burnham articule sa réflexion autour de l'économie de l'offre par opposition à l'économie de la demande. Le RSS y est décrit comme relevant de la demande, profitant surtout aux consommateurs. C'est intéressant, car c'est une question qu'on pose de plus en plus souvent : pour les sites Web qui dépendent de la publicité, dont la majeure partie est affichée directement sur le site, le RSS aide-t-il vraiment l'éditeur? Ma réponse est oui, quoique de façon indirecte. Les revenus publicitaires proviennent des gens qui n'utilisent *pas* le RSS. Le RSS propulse le contenu partout sur le Web, ce qui signifie que de plus en plus de liens entrants s'accumulent, ce qui donne un meilleur classement dans Google, ce qui amène plus d'internautes qui n'utilisent pas le RSS à arriver sur la page et à cliquer sur les annonces. Ouf! Je pense que c'est la première fois que je mets ce raisonnement par écrit...
Burnham se penche ensuite sur le réseautage social. Il croit que les sites de réseautage social d'aujourd'hui sont en fait des précurseurs de l'identité :
Les gens utiliseront ces sites non seulement pour socialiser, mais comme plaque tournante pour gérer plus largement leur identité numérique sur le Web. Un peu blogue, un peu casier numérique, ces sites offriront à chaque être humain un domaine numérique à partir duquel il pourra gérer l'ensemble de son identité numérique sur le Web.
+1! 43 people en est le meilleur exemple aujourd'hui, du moins pour ce qui est de la plaque tournante. On s'abonne à des personnes plutôt qu'à des tranches d'information, et chacun peut ajouter les fils RSS qui le représentent. Burnham ajoute qu'à l'avenir, tout le monde aura son propre site Web (où « site Web » signifie peut-être en réalité une représentation de l'identité), tout comme tout le monde a un courriel aujourd'hui. J'appuie l'idée, bien que je croie que de grands fournisseurs hébergeront et entretiendront la majorité de ces sites.
Vient ensuite la section sur le blogue structuré (Structured Blogging). Je vais sauter les détails et aller directement au concept que Burnham appelle « votre propre mégaphone mondial ». Ken Rickard l'a très bien formulé au Moosecamp : les médias de masse devraient chercher à amplifier la voix d'une communauté plutôt qu'à fonctionner en mode diffusion. Ainsi, une fois qu'on pourra facilement publier du contenu structuré sur le Web - comme l'annonce que votre maison est à vendre -, l'intérêt d'aller sur un portail spécialisé pour y inscrire une entrée diminuera. Vous placez votre affiche « À vendre », les détails de votre événement ou votre critique directement dans votre espace, et les données structurées sous-jacentes font en sorte que ces riches données lisibles par machine soient aspirées partout grâce au transport sous-jacent du RSS, qui avise toutes les sources appropriées. Comme le dit Burnham, c'est « écrire une fois, distribuer partout ».
J'expérimente actuellement l'inverse - « écrire partout, tout aspirer en un seul endroit » - sur mon site personnel (Will Pate le fait aussi) : j'y aspire tout le contenu que je crée sur tous les services externes, de Flickr à 43 Places. Mais c'est une façon vraiment compliquée de faire les choses, puisqu'elle repose sur le plus petit dénominateur commun qu'est le RSS pour réduire des contenus riches en simples blocs de texte. La bonne façon de faire, c'est que votre site personnel offre la possibilité de pousser vos données vers les sources d'agrégation et les communautés externes spécialisées auxquelles vous choisissez de participer. Cela pourrait commencer par des plateformes qui seraient non seulement des points d'arrivée pour les API d'édition de blogues (MetaWeblog, ATOM), mais aussi des sources : publier localement, définir ses points de destination externes (p. ex. publier une photo localement et l'envoyer aussi dans son fil de photos Flickr). Nos « fat pings », je le prédis, deviendront encore plus lourds et transporteront le texte intégral et le contenu en données structurées.
Alors pourquoi est-ce que j'aborde ce sujet ici sur Bryght? Eh bien, je crois que la principale plateforme choisie par Bryght, Drupal, est bien optimisée pour servir de conteneur à des sources d'information, et aussi pour pousser du contenu vers plusieurs services externes.
Je termine avec la conclusion de Burnham - nous vivons une transition du Web passif vers le Web actif :
Le RSS et ses extensions du côté de la demande, combinés aux sites Web personnels (et d'entreprise) structurés et à la recherche du côté de l'offre, transformeront le Web d'une entité passive en Web actif et constitueront le premier grand pas vers un Web plus autonome qui apporte une réelle valeur au quotidien des gens sans exiger d'efforts ni d'intervention constants.