Jour 1 : le programme de septembre de China Access
Le programme a démarré sur une excellente note au dernier étage du Beijing Grand Hotel, où des représentants d'entreprises créatives et financières d'Australie, de Nouvelle-Zélande, du Canada et des États-Unis se sont réunis pour suivre un cours accéléré sur divers marchés émergents de la Chine, donné par Alan Carroll, président exécutif du Pacific Rim Forum.
Marchés de l'énergie
Une grande centrale électrique par semaine pendant dix ans : c'est le rythme auquel la Chine doit accroître sa production d'énergie pour suivre sa demande en forte hausse, qui devrait tripler d'ici 2020. Avec des besoins en infrastructures qui croissent rapidement, et la nécessité de pratiques plus durables alors que la pollution de l'air et les pénuries d'eau deviennent des enjeux critiques, la Chine est en voie de devenir le terrain d'essai de l'innovation dans le secteur de l'énergie.
La Chine investit actuellement 200 milliards de dollars américains par année (environ 9 % de son PIB) dans les infrastructures, notamment pour agrandir de 35 % le réseau ferroviaire national et tripler le réseau routier du pays d'ici 2030. Pour accompagner cette croissance, la Chine a annoncé officiellement au début de 2006 que le gouvernement prévoit dépenser 15 milliards de dollars américains pour construire des usines qui fabriqueront chaque année 16 millions de tonnes de produits pétroliers à partir du charbon au cours des cinq prochaines années. Le pays a aussi annoncé l'objectif de combler 5 % de sa demande énergétique grâce au nucléaire d'ici 2020.
Le Shenhua Group a pris les devants dans la liquéfaction du charbon. En août 2004, il a lancé un ambitieux projet de liquéfaction directe du charbon, le premier du genre au monde, à Ordos, dans la région autonome de Mongolie-Intérieure, dans le nord de la Chine.
Selon le portail Web officiel du gouvernement chinois :
« Le projet est conçu pour une capacité annuelle de cinq millions de tonnes. Estimé à 24,5 milliards de yuans (3 milliards de dollars américains), il sera réalisé en deux phases. La première, conçue pour produire 3,2 millions de tonnes de produits pétroliers, doit entrer en production d'ici 2007. La deuxième phase doit entrer en production d'ici 2010, avec une capacité de production annuelle prévue de 2,8 millions de tonnes.
D'autres grands producteurs de charbon ont emboîté le pas. En février 2006, un projet de liquéfaction du charbon d'une capacité annuelle initiale prévue de 160 000 tonnes a été lancé par le Lu'an Group à Tunliu, dans la province du Shanxi.
Deux mois plus tard, le Yankuang Group a lancé un immense projet de liquéfaction du charbon en deux phases à Yulin, dans la province du Shaanxi, dans le nord-ouest de la Chine, qui nécessitera un investissement total de 100 milliards de yuans (12,5 millions de dollars américains). Le projet devrait atteindre une production annuelle de 10 millions de tonnes de produits pétroliers d'ici 2020. »
La liquéfaction du charbon est le procédé qui permet de fabriquer des carburants liquides à partir du charbon; elle passe par la production de gaz de synthèse (CO et H2) à partir du charbon et est considérée comme une excellente solution de rechange aux approvisionnements instables en pétrole étranger.
La préoccupation la plus pressante de la Chine pourrait toutefois être son approvisionnement en eau. Avec seulement le tiers de l'approvisionnement mondial moyen en eau (par ménage), les deux tiers des grandes villes chinoises sont déjà considérées comme gravement à court d'eau potable, selon l'OMS. La Chine cherche à remédier à ce problème par la construction du barrage des Trois-Gorges et par l'amélioration de la conservation et de l'efficacité des procédés de fabrication.
Pour répondre à ces besoins pressants, la Chine sera un marché clé pour les technologies émergentes dans le secteur de l'énergie – quiconque possède de nouvelles technologies ou stratégies de production d'énergie ne peut pas se permettre de ne pas être en Chine au cours des 5 prochaines années.
Changement de sujet : les participants à la conférence ont aussi reçu des éclairages importants sur les marchés émergents du logiciel et de la biotechnologie en Chine de la part de Nathan Zhang, PDG de Sinocro Partners; de Joshua Tan, professeur au Centre for Information Science de l'Université de Pékin; et de Hua Ding Lan, vice-président de la China Computer Users Association, vice-président de la China Software Industry Association et président de la Beijing Software Industry Association.
Traditionnellement, la Chine n'a pas été vue comme un leader mondial de l'industrie du logiciel, surtout en comparaison des États-Unis et de l'Inde. Un coup d'œil aux chiffres brosse toutefois un tableau différent. La Chine représente 6 % de l'industrie mondiale du logiciel (l'Inde, seulement 5 %). Le marché chinois du logiciel, bien que vaste, est encore largement en développement, avec des milliers de petites et moyennes entreprises qui répondent surtout à la demande intérieure. Rien qu'à Beijing, on compte plus de 5000 entreprises de logiciels.
Contrairement au marché occidental du logiciel, dominé par un petit nombre d'entreprises géantes, les 100 plus grandes entreprises de logiciels en Chine ne représentent que 30 % des revenus totaux de l'industrie, et aucune entreprise de logiciels en Chine ne compte plus de 6000 employés. À mesure que le marché mûrira, ces chiffres changeront certainement, mais pour l'instant, la Chine est bien placée pour répondre à son incroyable demande intérieure en technologie et en logiciels.
Une autre préoccupation majeure du développement logiciel en Chine a été le peu de respect des droits de propriété intellectuelle en Chine. Avec le développement du marché, porté par une demande croissante et le soutien du gouvernement, la situation semble s'améliorer rapidement. Actuellement, les développeurs de logiciels chinois s'attaquent au problème en adoptant des outils à code source ouvert comme Linux.
Le plus important à retenir au sujet du marché chinois du logiciel est peut-être qu'il est surtout axé sur la demande intérieure. En raison des différences inhérentes de structure linguistique, la Chine est mieux placée pour développer des logiciels intuitifs pour son marché intérieur que pour convertir des logiciels anglais en chinois ou des logiciels chinois en anglais pour l'exportation. La Chine mise aussi moins sur l'impartition du développement logiciel. Alors que l'impartition représente une industrie de 30 milliards de dollars américains en Inde, elle ne représente que 3,6 milliards de dollars américains en Chine. Avec le plus grand marché du logiciel en développement au monde, les entreprises chinoises de logiciels ont beaucoup à gagner à se concentrer sur leur demande intérieure plutôt que de compter sur l'impartition.