Je vous écris du sous-sol du siège social de CBC à Vancouver, alors que nous lançons un événement qui promet d'être tout à fait remarquable : les CBC Digital Development Labs.
La matinée a été consacrée aux présentations des participants à l'esprit entrepreneurial, sélectionnés pour exposer et peaufiner leurs idées en vue d'un éventuel développement par CBC. J'y participe comme mentor (avec d'autres) pour conseiller ces visionnaires de la relève, valider leurs intuitions, collaborer avec eux (et apprendre d'eux).
Notre repaire secret (très cool, soit dit en passant : aménagé avec divers espaces de travail, des coins de discussion, des laboratoires Mac, des postes de jeu, on se croirait dans jPod) est aussi rempli de gens de l'industrie qui agissent plutôt comme observateurs, pour voir comment les projets prennent forme dans le nouveau paradigme médiatique.
En tant que vénérable diffuseur national du Canada (dans plusieurs langues officielles et sur de nombreuses plateformes, rien de moins), CBC sait comment incuber et développer ses célèbres documentaires, séries humoristiques, émissions d'information et de sport, et les diffuser à la télé et à la radio. Grâce à quelques employés clés, la « Ceeb » distribue maintenant une énorme variété de balados pour accompagner le riche contenu de ses sites Web. CBC (comme la météo) fait l'objet des récriminations de Monsieur Tout-le-Monde, mais je crois qu'elle mérite beaucoup de crédit pour avoir compris, une fois de plus, que « les temps changent ».
Les gens de CBC, dont l'hôte de l'événement Gary Marcuse et le producteur Johnny, sont assez vifs pour savoir qu'un groupe de passionnés dévoués ayant une idée astucieuse peut passer du concept au marché à une vitesse qui sidérerait n'importe quel cadre en complet-cravate de la vieille école. Et ils ont hâte d'apprendre comment participer, contribuer et soutenir ces artistes émergents, et les aider à faire connaître leurs productions aux Canadiens (et, bien sûr, au reste du monde aussi).
Ce qui pourrait manquer aux créateurs des nouveaux médias, et que CBC peut ajouter à la recette, c'est le savoir-faire en narration, le sens du marketing et du rayonnement, des méthodes pour comprendre l'auditoire et, tout aussi important, les sages conseils de gens d'expérience qui ont mené de nombreux projets médiatiques du concept à la réalisation. Ces conseils aguerris peuvent certainement être l'ingrédient final pour lancer une « émission » qui finira par faire partie du vocabulaire culturel commun.
Dans mon rôle de mentor, je serai la principale caisse de résonance d'un groupe et la secondaire d'un autre, au fil des rencontres et des ateliers dans toutes sortes de scénarios au cours des deux jours et demi à venir. Les idées des groupes sont remarquables par leur variété et leur originalité, allant de récits narratifs racontés en animation Flash jusqu'à l'utilisation du téléphone mobile pour raconter des histoires. Je n'oublierai pas de publier la liste des participants pour que vous puissiez dire à vos amis « vous les connaissiez déjà il y a des mois » quand leurs émissions seront partout sur les Interwebs.