Pour poursuivre le dialogue sur la Chine, les Jeux olympiques, les médias sociaux et tout le reste... voici une réponse à l'une des questions du Dr Andy Miah pour le 9e Symposium international d'études olympiques :
« De quelle façon les plateformes de nouveaux médias permettent-elles à de nouvelles formes de journalisme d'entourer les Jeux olympiques de Beijing? »
Pour formuler des réponses complètes, Kris Krug, participant au symposium (Robert Scales est aussi de la partie), s'est attablé avec Richard Eriksson (tout juste revenu de Shanghai et présentement en vacances à la maison) et moi-même pour dégager les enjeux qui influencent les réponses.
Au cours de notre discussion, nous avons passé en revue chacune des questions du Dr Miah et tenté de « tourner un peu le kaléidoscope » pour refléter une vision plus large du monde dans nos réponses, sur le ton de la conversation.
Voici ce que nous avons trouvé en réponse à : « De quelle façon les plateformes de nouveaux médias permettent-elles à de nouvelles formes de journalisme d'entourer les Jeux olympiques de Beijing? »
La plus importante plateforme de ce nouveau journalisme est le téléphone avec appareil photo, omniprésent. Tout le monde dans les villes semble en avoir un. Avec autant de gens qui prennent des photos, envoient des textos et tournent des vidéos avec leur téléphone, s'il se passe quelque chose, le monde le verra certainement d'une façon ou d'une autre.
Si l'attention du public se portera sur les journalistes des grands médias, la couverture intéressante et surprenante viendra des téléphones-appareils photo et des « gens ordinaires ». Il existe d'ailleurs des précédents de citoyens qui ont révélé des nouvelles lors d'urgences et de catastrophes naturelles.
Malgré les tentatives du gouvernement de contrôler l'accès à Internet, des images « non autorisées » finiront par sortir quelque part, d'une façon ou d'une autre (codées et filtrées à travers les réseaux au besoin). Et une fois le cheval sorti de l'écurie, il n'y retourne pas. Plus le contenu est controversé, plus il sera facilement reproduit et diffusé. Imaginez toute la couverture qu'auraient eue les célèbres manifestations de la place Tiananmen de 1989 avec la technologie numérique d'aujourd'hui!
Les outils et la soif de vérité produiront une quantité énorme de contenu, rien qu'en comptant les médias sociaux générés sur les sites de médias sociaux et les BBS chinois. Ajoutez les sites internationaux remplis de contenus d'amateurs à l'esprit journalistique et de spectateurs qui créent des médias pour leur propre usage, et nous verrons une masse de contenu qui dépassera en quantité, et peut-être en qualité, ce que produiront les grands médias.
De plus, l'utilisation des médias sociaux pour organiser des groupes, en plus de couvrir l'actualité, sera une force. Grâce aux téléphones mobiles, les manifestants peuvent planifier avec agilité et stratégie des événements non autorisés. Cela nuira à la capacité du gouvernement de contrôler les rassemblements publics, et sa réaction sera intéressante à observer.
La police usera-t-elle de tactiques plus douces au lieu de réprimer activement les événements, puis de rafler et de détenir les responsables? Rappelez-vous que l'homme des « câlins gratuits » a été détenu (vidéo) pour un rassemblement social non autorisé qu'il avait organisé à l'aide d'outils de médias sociaux.
Prochainement dans la série China, The Olympics, Social Media, Symposiums, etc.... d'autres discussions sur la convergence entre « anciens » et « nouveaux » médias; les motivations politiques des médias sociaux; ce qui distingue la production et la diffusion des médias sociaux en Chine; l'attitude et la réglementation du CIO à l'égard des blogues tenus par des journalistes accrédités et non accrédités; et les attentes du public envers les grands diffuseurs hôtes. Quelles histoires entendrons-nous? Et comment seront-elles racontées?