Vendre en ligne depuis un petit village du Québec

· 5 min de lecture

Points clés

  • Le français d'abord, l'anglais bienvenu, et les deux versions rédigées avec soin.
  • Offrez la cueillette locale en plus de la livraison, et gardez un deuxième transporteur prêt.
  • Présentez l'histoire locale véritable dans vos fiches produits, brièvement et avec exactitude.

Le service postal est perturbé depuis la fin septembre. Les employés de Postes Canada ont déclenché une grève nationale, puis sont passés à des grèves tournantes en octobre, et les entreprises qui expédient des colis demeurent incertaines quant aux semaines à venir. À l'approche des Fêtes, c'est un problème important pour quiconque vend en ligne à partir d'une petite communauté.

Nous nous sommes installés dans la Petite-Nation cette année, et l'une des premières choses que nous avons remarquées est le nombre de produits de qualité fabriqués dans la région qu'il est presque impossible d'acheter sans se rendre au bon rang, le bon samedi : fromage, produits de l'érable, artisanat, conserves, travail du bois. Une bonne partie se vendrait facilement à une clientèle de Montréal, de Gatineau ou de Québec. Ces produits ne sont simplement pas en ligne, ou ils le sont d'une manière qui ne permet pas de les acheter.

Cet article présente la façon dont nous mettrions sur pied une petite boutique en ligne à partir d'un village, la grève rappelant que la livraison n'est jamais un détail.

Dans quelle langue une boutique en ligne au Québec doit-elle être offerte?

En français d'abord, l'anglais étant bienvenu. Une entreprise située au Québec doit offrir son site Web en français. C'est une exigence de la Charte de la langue française, qui vise les sites Web commerciaux au même titre que les catalogues et les dépliants. L'anglais peut aussi être offert, mais le français ne peut pas en être la version de second ordre. L'Office québécois de la langue française explique clairement les règles qui s'appliquent aux entreprises, et il vaut la peine de les consulter, surtout depuis l'entrée en vigueur, le 1er juin dernier, des nouvelles règles sur l'affichage et les marques de commerce.

Au-delà de l'exigence légale, c'est une pratique commerciale judicieuse dans ce marché. La majorité de la clientèle cherche, lit et achète en français. Nous recommandons de rédiger le français en premier, avec soin, puis l'anglais, plutôt que de coller une traduction automatique sans la réviser. Une véritable rédaction bilingue signifie que chaque version se lit comme si une personne de la région l'avait écrite.

L'anglais constitue néanmoins un ajout avantageux. Ottawa est à proximité, les visiteurs d'été et les propriétaires de chalets viennent de l'Ontario, et les Montréalais anglophones achètent aussi dans les régions. Une bonne version anglaise ouvre une porte pour très peu de travail supplémentaire.

Comment mettre sur pied la boutique?

Simplement, sans la surcharger. Pour la plupart des petits producteurs, nous recommandons Shopify ou WooCommerce sur WordPress. Les deux prennent en charge les boutiques bilingues, les taxes canadiennes et des options de livraison adéquates. Shopify est plus simple à gérer au quotidien. WooCommerce offre plus de contrôle et coûte habituellement moins cher par mois, mais laisse au propriétaire une plus grande responsabilité quant aux mises à jour.

Nous déconseillons d'y consacrer des mois. Commencez par les produits qui se vendent le mieux en personne et qui voyagent bien. Dix bonnes fiches produits sont plus efficaces que soixante fiches à moitié terminées. Soignez les photos, les descriptions et le paiement, puis lancez la boutique. Dans la planification d'un petit projet de commerce en ligne, cette simplicité devrait guider le travail dès le départ.

Les taxes et les aspects administratifs

Configurez la TPS et la TVQ correctement avant la première vente, et non après. Rédigez votre politique de retour. Déterminez si vous livrez à l'extérieur du Québec, et à l'extérieur du Canada. Ces décisions prennent une heure et évitent des échanges délicats avec la clientèle par la suite.

Comment une entreprise de village peut-elle livrer de façon fiable?

En ne dépendant pas d'un seul transporteur, et en offrant la cueillette locale. Cet automne en donne une illustration claire : si toute la vente en ligne d'une entreprise repose sur un seul transporteur, une seule grève peut l'interrompre.

Nous recommandons les mesures suivantes :

  • Avoir un deuxième transporteur configuré et testé : Purolator, UPS, un service de messagerie régional ou tout autre service qui dessert votre secteur. Comparez les tarifs avec vos formats de boîtes et vos poids réels.
  • Indiquer clairement sur le site ce qui se passe. En cas de retard, un court avis en haut de la page est préférable à vingt courriels inquiets.
  • Offrir la cueillette locale : à la boutique, à la ferme, au marché du samedi ou chez un commerce partenaire du village voisin.

La cueillette locale est sous-utilisée. Elle ne coûte rien. Elle permet à une personne du village voisin de commander en ligne à vingt-trois heures et de récupérer sa commande le jeudi. Elle favorise aussi le positionnement dans les recherches locales, parce que la boutique se présente pour ce qu'elle est : une véritable entreprise avec une véritable adresse. Jumelée à une fiche Google Business Profile complète et à un travail de base en référencement local, elle aide la clientèle des environs à trouver l'entreprise avant une grande chaîne.

Pour les produits fragiles ou périssables, la cueillette peut devenir le canal principal, la livraison étant réservée à ce qui voyage bien. C'est une approche tout à fait valable : vendre en ligne ne signifie pas nécessairement expédier.

Comment des fiches produits peuvent-elles se distinguer des grandes surfaces?

En présentant l'histoire locale. C'est là que les petits producteurs disposent d'un réel avantage sur les grandes surfaces, et la plupart ne l'exploitent pas.

Une personne de Montréal qui achète du beurre d'érable en ligne peut le trouver auprès de nombreuses sources. Ce qu'elle ne trouvera nulle part ailleurs, c'est votre cabane à sucre, la méthode de votre famille, la rivière au bout du chemin, et le fait que le pot provient d'un endroit précis, fabriqué par des personnes précises.

Intégrez ces éléments à la fiche produit : quelques phrases exactes sur le lieu de fabrication et les personnes qui fabriquent le produit, une photo du lieu réel plutôt qu'une image de banque, et le nom du village. Les gens achètent des régions en partie parce qu'ils souhaitent un lien avec elles, et la fiche produit peut le leur offrir.

La sobriété est importante. La clientèle n'a pas besoin de trois paragraphes de prose avant de voir le prix. Un contenu court, exact et précis donne les meilleurs résultats.

Que peut-on faire avant les Fêtes?

Pour une entreprise qui envisage de vendre en ligne cette saison, il est tard pour une boutique complète, mais pas pour une solution plus simple : une page présentant vos produits des Fêtes, un formulaire de commande clair, des dates de cueillette locale et une explication transparente de la situation de la livraison. Cela suffirait à placer une entreprise en avance sur la plupart des petites entreprises de la région.

En janvier, une fois la saison terminée, la boutique complète pourra être construite.

Votre entreprise mérite d'être trouvée.

Parlez-nous de votre projet. Nous vous répondons en français ou en anglais, et nous nous déplaçons partout dans la MRC de Papineau.

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