Développement communautaire : soutenir les pourvoiries et les pourvoyeurs locaux

· 5 min de lecture

Points clés

  • Louez, achetez et réservez chez le pourvoyeur local avant de vous tourner vers une grande chaîne.
  • Un partage ou un avis honnête ne coûte rien et a plus d'effet qu'on ne le pense.
  • Aider une pourvoirie à offrir une réservation en ligne simple est l'une des contributions les plus utiles.

Les canots quittent les supports et regagnent les granges pour l'hiver. Pour les petits pourvoyeurs, c'est la fin d'un deuxième été de pandémie, et leur situation varie considérablement.

Certains viennent de vivre les deux années les plus achalandées de leur histoire : tous les canots loués, toutes les navettes réservées, et un téléphone qui sonne toute la journée, souvent pour des citadins qui n'avaient jamais pagayé. D'autres peinent à se maintenir. Il arrive que ces deux réalités concernent des entreprises situées à quelques lacs l'une de l'autre.

Comment la pandémie a-t-elle touché les pourvoiries au Québec ?

De façon inégale. L'engouement pour le plein air est bien réel. Les personnes qui ne pouvaient pas prendre l'avion se sont tournées vers les lacs et les forêts. Location de canots et de kayaks, sorties guidées, chalets, campings : toutes les activités extérieures de proximité sont en forte demande depuis l'été dernier.

Cette demande ne s'est toutefois pas répartie uniformément.

De nombreuses pourvoiries au Québec et en Ontario dépendent en partie des visiteurs américains, notamment pour la pêche et la chasse. La frontière terrestre est fermée aux déplacements non essentiels depuis mars de l'an dernier. Les Américains entièrement vaccinés ne peuvent revenir pour des motifs de loisir que depuis le 9 août. Pour une entreprise bâtie autour d'une clientèle américaine, cela représente une saison et demie fortement perturbée. De plus, les États-Unis ne rouvriront leur frontière aux Canadiens vaccinés que le 8 novembre; la reprise des déplacements dans les deux sens prendra donc du temps.

Il faut aussi tenir compte des coûts : règles de nettoyage, nombre réduit de personnes par chalet ou par fourgonnette, équipement devenu difficile à acheter parce que la demande de canots a explosé partout au Canada. Certains exploitants ont été plus occupés que jamais tout en terminant la saison avec des revenus nets inférieurs.

Enfin, la main-d'œuvre. Les emplois saisonniers sont difficiles à pourvoir même en temps normal, et la situation a été encore plus difficile cette année.

Pourquoi le pourvoyeur local est-il important ?

Notre expérience de la gestion d'un centre de plongée en Indonésie a rapidement démontré que les meilleurs exploitants locaux sont ceux qui connaissent chaque courant, chaque saison et chaque particularité d'un récif. Aucune application ne remplace cette expertise. Il en va de même pour un bon pourvoyeur sur un réseau de lacs.

Il sait quel portage est inondé au printemps, à quel endroit le vent s'engouffre sur un grand lac après deux heures de l'après-midi, quel site de camping offre un bon débarcadère et lequel, malgré son apparence sur la carte, cache une tablette de roc qui risque d'endommager les canots. Il sait aussi qui appeler en cas de problème.

Pour une petite communauté, ces entreprises jouent un rôle important : emplois locaux, retombées économiques qui restent dans le village, entretien informel du milieu, comme le ramassage des déchets au point de mise à l'eau ou le signalement d'un arbre tombé en travers du sentier. Lorsque l'une d'elles ferme, la région perd plus qu'un commerce, et ce type d'entreprise revient rarement.

Que peut faire une communauté pour soutenir ses pourvoyeurs ?

La plupart des mesures sont simples, et aucune ne nécessite de subvention.

Acheter l'équipement et les services localement

Louez chez le pourvoyeur de la région plutôt qu'au grand magasin de la ville. Achetez vos cartes, votre combustible et votre chasse-moustiques au commerce local, même s'ils coûtent un peu plus cher. Réservez la sortie guidée et utilisez la navette. Pour un voyage de groupe, demandez au pourvoyeur de préparer le forfait. L'écart de prix est généralement faible, alors que pour l'entreprise, ces revenus font la saison.

Pour les pagayeurs qui souhaitent progresser, des cours offerts par des moniteurs certifiés de la région sont une excellente option. Paddle Canada, l'organisme national de formation en pagaie récréative, constitue un bon point de départ. Les pourvoyeurs locaux donnent souvent ces cours, ou savent qui les donne.

Partager leurs publications et laisser des avis

Ce geste est gratuit et souvent sous-estimé. Les petits exploitants ne disposent d'aucun budget de marketing. Un partage dans un groupe Facebook local, une photo où leur entreprise est identifiée ou un avis Google honnête après le voyage ont pour eux une portée qu'ils n'auraient jamais pour une grande chaîne.

Soyez précis dans votre avis, par exemple : « Bons canots, le propriétaire nous a aidés à planifier en fonction du vent, la navette était à l'heure. » Ce type d'avis aide le prochain canoteur à décider, et aide la pourvoirie à apparaître dans les résultats de recherche.

Les aider à offrir une réservation en ligne simple

C'est l'aspect le plus important, car c'est là que de nombreux petits pourvoyeurs éprouvent des difficultés.

Beaucoup fonctionnent encore avec un téléphone, un calendrier papier et une page Facebook. Ce système fonctionne jusqu'à ce qu'il atteigne ses limites. Avec la hausse marquée de la demande au cours des deux derniers étés, les entreprises dotées d'un système de réservation en ligne, même rudimentaire, pouvaient accepter des réservations à minuit pendant leur sommeil. Les autres retournaient une vingtaine de messages vocaux après une longue journée sur l'eau, et perdaient les clients qui s'étaient lassés d'attendre.

La solution n'a pas besoin d'être complexe :

  • Une page claire présentant ce que vous louez, les prix et les dates disponibles.
  • Un formulaire ou un outil de réservation simple qui permet de percevoir un dépôt.
  • Une fiche Google My Business complète, avec les bonnes heures, les bonnes dates de saison et quelques vraies photos.

Ces éléments couvrent l'essentiel. Une page d'atterrissage simple munie d'un bouton de réservation suffit souvent pour commencer.

Quand faut-il mettre en place ces outils ?

Pendant l'hiver. Le pire moment pour revoir un système de réservation est le mois de juin, lorsque le téléphone sonne sans arrêt et que l'équipe passe douze heures par jour sur l'eau. Le meilleur moment est maintenant, pendant la période plus calme de l'hiver.

Si vous exploitez une pourvoirie, un camping ou des chalets locatifs, nous recommandons de choisir une seule mesure cet hiver : remplir correctement la fiche Google, mettre en ligne un site d'une page avec les prix et un formulaire, ou simplement rédiger les dix questions auxquelles vous répondez chaque jour au téléphone et publier les réponses en ligne. N'importe laquelle de ces mesures vous fera gagner des heures en juillet prochain.

Enfin, les canoteurs qui ont fait un beau voyage cette année grâce à une entreprise locale peuvent lui laisser un avis dès ce soir. Ce geste prend deux minutes, et ses effets se feront sentir la saison prochaine.

Votre entreprise mérite d'être trouvée.

Parlez-nous de votre projet. Nous vous répondons en français ou en anglais, et nous nous déplaçons partout dans la MRC de Papineau.

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