La fin de janvier marque le début de la planification de l'été : des cartes sur la table, des idées de trajets et une liste de portages à revisiter. Nous avons consacré une bonne partie de l'été dernier au canot-camping et repartons cette année.
Un constat s'impose chaque fois : la préparation n'a plus rien à voir avec celle de notre première expédition dans le parc Algonquin, il y a une trentaine d'années. À l'époque, elle reposait sur une carte papier, une boussole et une bonne part d'estimation pour distinguer les baies les unes des autres. Aujourd'hui, la moitié de la préparation se fait à l'écran, et n'importe quel cellulaire dans le canot peut indiquer votre position à quelques mètres près.
Les deux méthodes fonctionnent, mais elles correspondent à deux façons très différentes de vivre un lac.
Comment s'orientait-on avant le GPS moderne ?
Lors de ce premier voyage, l'orientation était un savoir-faire que l'on maîtrisait ou non. On pliait la carte pour placer la bonne section sur le dessus, on la glissait dans un sac de plastique, et on comparait la forme de la rive avec les lignes sur le papier.
Les îles sont trompeuses. Au ras de l'eau, une pointe et une île se ressemblent parfaitement jusqu'à ce qu'on les atteigne. Toute personne ayant pagayé sur un grand lac connaît le moment où l'on comprend que le portage recherché se trouve dans la baie voisine, et que l'on vise la mauvaise depuis quarante minutes.
Les récepteurs GPS portatifs existaient, mais ils étaient coûteux et rarement présents dans un canot. Un détail largement oublié s'y ajoutait : jusqu'en mai 2000, le gouvernement américain dégradait volontairement le signal GPS civil. Cette politique, appelée Selective Availability, signifiait qu'un appareil grand public pouvait situer son utilisateur à une centaine de mètres près. Sur un lac, 100 mètres représentent la différence entre le débarquement du portage et le marécage voisin.
La désactivation de la Selective Availability a amélioré la précision du jour au lendemain. Pour les canoteurs, cette décision a sans doute eu plus d'importance que n'importe quel appareil apparu depuis.
Quelle est la précision du GPS d'un cellulaire ?
Pour les personnes intéressées, la page de GPS.gov sur la précision du GPS (en anglais) mérite une lecture de dix minutes. On y apprend qu'un téléphone intelligent doté d'un GPS est généralement précis à environ 4,9 mètres près sous un ciel dégagé, et que cette précision diminue près des bâtiments, des ponts et des arbres.
Pour un canoteur, c'est ce dernier point qu'il faut retenir. En plein lac, la précision est excellente. Dans un petit ruisseau sous une épaisse voûte de cèdres, elle l'est beaucoup moins.
Les cellulaires ne dépendent d'ailleurs plus uniquement du GPS. La plupart captent aussi d'autres systèmes satellites, comme Galileo en Europe et GLONASS en Russie, ce qui est utile lorsqu'une falaise masque la moitié du ciel.
Quelques mètres suffisent amplement pour trouver un site de camping, mais le point bleu n'est pas toujours exact. Les utilisateurs de cellulaires sur l'eau ont sans doute déjà vu le point bleu se déplacer sur une pointe de terre alors que le canot restait parfaitement immobile; nous l'avons constaté nous-mêmes. Ce phénomène rappelle qu'il s'agit d'une estimation.
Faut-il choisir un GPS de poche ou un cellulaire avec cartes hors ligne ?
Pendant longtemps, l'option sérieuse était le GPS portatif : robuste, étanche, alimenté par des piles AA que l'on pouvait remplacer sur une roche à l'heure du dîner. De nombreux canoteurs le préfèrent encore, et ce choix se comprend, car une expédition en canot est exigeante pour un cellulaire.
Néanmoins, la plupart des personnes qui partent aujourd'hui utilisent simplement leur cellulaire : meilleur écran, meilleures cartes, et des applications qui permettent de télécharger toute une région à la maison avant de perdre le signal. Avec le téléphone dans un étui étanche et une batterie externe dans le sac, cette solution répond aux besoins de la plupart des sorties de fin de semaine et des expéditions d'une semaine. La clé est d'effectuer le téléchargement à la maison, sur le Wi-Fi, et non au point de départ avec une seule barre de réseau, une leçon que la plupart des gens apprennent une fois.
L'autre changement marquant est le messager satellite. Des appareils comme le Garmin inReach permettent d'envoyer un texto ou de déclencher un SOS là où il n'existe aucune couverture cellulaire. Il ne s'agit pas d'orientation à proprement parler, mais ces appareils ont modifié la façon dont les proches restés en ville vivent une absence de dix jours en forêt, ce qui a une grande importance.
Quel équipement d'orientation apporter cette année ?
- Un cellulaire avec les cartes hors ligne de tout le trajet, téléchargées avant le départ.
- Une carte papier du même secteur, dans un sac étanche.
- Une boussole à plaquette, et suffisamment de pratique récente pour réellement savoir l'utiliser.
- Un messager satellite si le trajet traverse des secteurs sans réseau.
Rien de nouveau dans cette liste. Les applications s'améliorent constamment, mais le principe demeure essentiellement le même.
Pourquoi savoir utiliser une carte et une boussole est-il encore important ?
Parce que les écrans cessent parfois de fonctionner. Les cellulaires tombent dans le lac ou s'éteignent au froid, les étuis prennent l'eau, et les applications lancent parfois une mise à jour au pire moment. Dans ces situations, la personne qui dispose d'une carte papier et d'une boussole, et qui sait les utiliser, poursuit sa route. Celle qui s'est toujours contentée de suivre un point bleu se trouve en difficulté, et elle en est généralement consciente.
Un problème plus discret existe aussi. En suivant un écran, on cesse de lire le territoire. On ne remarque pas que le vent souffle de l'ouest depuis le début de l'après-midi, ou que la colline à gauche devrait maintenant se trouver à droite. L'ancienne méthode obligeait à rester attentif.
Nous avons appris de cette façon, ce qui influence sans doute notre point de vue, mais l'observation demeure valable.
Nous recommandons donc d'utiliser le cellulaire, qui est un excellent outil, tout en apportant la carte et en pratiquant l'utilisation de la boussole lors d'une sortie facile d'une journée. Ainsi, la première fois qu'elle sera réellement nécessaire ne sera pas la première fois que vous la tiendrez.
Quel lien existe-t-il entre le GPS et la recherche d'une entreprise locale ?
Un lien plus étroit qu'on ne le pense. La géolocalisation est au cœur de presque toute l'activité en ligne d'une petite entreprise. Lorsqu'une personne en voyage dans l'Outaouais tape « location de canot près de moi », son téléphone connaît sa position à quelques mètres près, et Google détermine en partie les résultats en fonction de cette position. Les mêmes satellites qui maintiennent un canoteur sur son cap déterminent quelle pourvoirie reçoit l'appel.
Si vous exploitez une pourvoirie, un camping ou un gîte, votre fiche sur Google Maps est aussi importante que votre site Web, sinon davantage. Google a renommé Google My Business en Google Business Profile en novembre; si le nom dans vos anciens favoris ne correspond plus, c'est la raison. L'outil et sa fonction restent les mêmes. Cette fiche constitue l'essentiel du référencement local : s'assurer que l'épingle sur la carte vous appartient bien et affiche les bonnes heures et le bon numéro de téléphone.
Vérifiez ces heures à chaque saison, car la clientèle se fie davantage à la carte qu'à l'affiche sur votre porte.