Le commerce social : vendre avec les boutiques Instagram et Facebook

· 5 min de lecture

Points clés

  • Branchez le catalogue que vous tenez déjà pour votre boutique au lieu d'entrer vos produits deux fois.
  • Votre site Web reste la vraie boutique; les boutiques sociales sont des vitrines qui y mènent.
  • Identifiez vos produits dans des photos qui ressemblent à la vraie vie, pas seulement dans vos publicités.

La barre inférieure d'Instagram comporte maintenant un petit sac d'emplettes, ajouté en novembre. Facebook a lancé ses boutiques (Shops) en mai, au moment où tous les commerces du pays avaient fermé leurs portes, et Instagram a ajouté l'identification de produits dans les Reels quelques semaines avant Noël.

L'intention de Facebook est claire : permettre aux gens d'acheter sans jamais quitter l'application.

De nombreuses personnes qui ont commencé cette année à vendre des produits fabriqués chez elles se demandent si elles peuvent se passer d'un site Web. C'est possible, mais nous ne le recommandons pas.

Qu'est-ce qu'une boutique Facebook ou Instagram ?

Une boutique est une vitrine construite à partir d'un catalogue de produits. Vous la configurez dans le Commerce Manager de Facebook, en choisissant quelques couleurs et les produits à afficher, et le même catalogue alimente votre page Facebook et votre profil professionnel Instagram. Sur Instagram, vous pouvez ensuite identifier vos produits dans vos publications, vos stories et maintenant vos Reels. Une personne voit un chandail sur une photo, le touche et obtient son nom et son prix.

La suite dépend du pays. Aux États-Unis, certains vendeurs offrent le paiement directement dans Instagram. Au Canada, le client est dirigé vers votre propre site pour finaliser l'achat. Ce détail est plus important qu'il n'y paraît : pour une boutique canadienne, Instagram est une excellente vitrine, mais la caisse demeure chez vous.

Pour y avoir accès, il faut un compte professionnel Instagram relié à une page Facebook, des produits physiques et une boutique qui satisfait à l'examen de Facebook selon ses politiques commerciales. Certaines catégories sont refusées d'office. L'examen peut prendre quelques jours, parfois davantage, et les motifs de refus ne sont pas toujours faciles à comprendre.

Pour le contexte plus large, la page Wikipédia sur le commerce social (en anglais) offre un bon survol. Le concept existe depuis plus d'une dizaine d'années et a connu plusieurs tentatives infructueuses. Ce qui a changé, c'est que les grandes applications l'ont intégré aux écrans que les gens consultent chaque jour, et qu'une pandémie a poussé tout le monde en ligne au même moment.

Faut-il créer un deuxième catalogue de produits pour Facebook ?

Non, il faut synchroniser celui que vous avez déjà. L'erreur courante consiste à entrer ses produits manuellement dans Facebook. Cette méthode fonctionne pour cinq produits. À cinquante, les prix ne concordent plus, des articles épuisés restent affichés, et un client commande un produit qui n'est plus disponible.

Si votre boutique fonctionne avec Shopify, BigCommerce ou WooCommerce, il existe des méthodes officielles pour relier le catalogue afin qu'il se mette à jour automatiquement. Shopify offre son canal Facebook; WooCommerce offre l'extension Facebook for WooCommerce. Une fois la connexion établie, un prix modifié à un endroit est mis à jour partout.

Si vous n'avez pas encore de boutique, nous recommandons de commencer par cette étape. Une boutique en ligne simple, avec des noms de produits clairs, de véritables descriptions et des photos de qualité, constitue la source que la boutique sociale utilisera. Lorsque cette base est solide, le volet réseaux sociaux se résume essentiellement à un paramètre à activer.

Pourquoi garder votre propre boutique en ligne comme boutique principale ?

Notre expérience de la création de projets sur des plateformes tierces, acquise depuis l'époque de Raincity à Vancouver, mène toujours au même constat : une plateforme est généreuse tant qu'elle a besoin de vous, puis ses règles changent.

La portée des pages Facebook en est l'exemple le plus clair. Auparavant, une page rejoignait gratuitement une bonne partie de ses abonnés. Aujourd'hui, une publication d'une petite entreprise ne rejoint qu'une faible proportion de ses abonnés, à moins de payer pour la promouvoir. Ce changement n'a fait l'objet d'aucune consultation; il s'est produit progressivement, année après année.

Une boutique Facebook fonctionne selon le même principe. Elle ne vous appartient pas. Facebook décide de ce qui est permis, de ce qui est approuvé, de la façon dont les produits sont présentés et de la conformité de votre compte à un moment donné. Si un compte est signalé par erreur, ce qui se produit, la vitrine disparaît avec lui.

Voici l'organisation que nous recommandons :

  • Votre site Web est la boutique. Les commandes, les courriels des clients et la politique de retour y sont centralisés.
  • Les boutiques Facebook et Instagram sont des vitrines qui renvoient vers votre site.
  • Chaque vente provenant d'Instagram doit, dans la mesure du possible, devenir un client que vous pouvez joindre directement, grâce à une inscription par courriel au moment du paiement ou à une petite carte glissée dans le colis.

Ce dernier point est souvent négligé. Vos abonnés ne vous appartiennent pas; une liste de courriels, oui. Si vous vendez en ligne, il est utile de lancer une petite infolettre la même semaine que la boutique, même si vous ne l'envoyez qu'une fois par mois.

Dans quelles photos faut-il identifier vos produits ?

Dans des photos authentiques, et pas seulement dans les publicités. C'est sur ce point que les petites marques ont un avantage. Les grands détaillants placent surtout leurs étiquettes de produits sur des photos de campagne très soignées, qui ressemblent à des publicités, et les gens ont appris à les faire défiler sans s'y arrêter.

Une petite boutique peut identifier des produits dans des images tirées du quotidien : la tasse sur votre propre comptoir dans la lumière du matin, ou la photo d'un client, repartagée avec sa permission, avec le produit identifié. Ce type de publication retient l'attention, et l'étiquette transforme une belle image en un accès en deux touches à la page du produit.

Les stories conviennent aussi très bien : vous montrez un réapprovisionnement et vous identifiez le produit. Les Reels sont si récents que l'efficacité des étiquettes de magasinage dans ce format reste à déterminer. Il est néanmoins pertinent d'en faire l'essai, puisque cela ne demande qu'un peu de temps.

Une précaution pratique : identifiez vos produits, mais pas dans chaque publication. Si chaque photo affiche un prix, votre fil devient un catalogue, alors que vos abonnés vous suivent pour d'autres raisons.

Une boutique Instagram est-elle avantageuse pour un petit commerce ?

Pour la plupart des petites marques, oui. Si votre catalogue est déjà bien structuré, la configuration prend un après-midi, et Facebook ne facture rien pour l'ouverture d'une boutique. Vous offrez aux personnes qui vous suivent déjà un chemin plus court vers l'achat, ce qui présente un avantage évident.

Nous recommandons toutefois de ne pas en faire le cœur de l'entreprise. Une boutique dotée d'un site Web simple, d'un paiement fonctionnel, d'une petite liste de courriels et d'une boutique Instagram qui renvoie vers son site est dans une position bien plus solide qu'un compte Instagram très soigné qui ne mène nulle part.

Cette année, les réseaux sociaux sont l'endroit où les clients vous découvriront, et votre site est l'endroit où ils devraient finaliser leur achat.

Votre entreprise mérite d'être trouvée.

Parlez-nous de votre projet. Nous vous répondons en français ou en anglais, et nous nous déplaçons partout dans la MRC de Papineau.

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