Un propriétaire de boutique comptant trois cents produits sans description disposait autrefois de deux options : tout rédiger à la main pendant plusieurs mois de soirées, ou utiliser le texte fourni par le fournisseur. La plupart choisissaient le texte du fournisseur. Une troisième option existe maintenant, et de nombreuses entreprises l'adoptent en même temps.
Shopify a ajouté un générateur de descriptions à sa plateforme en février, sous le nom de Shopify Magic. Les boutiques WooCommerce ont accès à de nombreuses extensions qui font de même au moyen de l'API d'OpenAI. Beaucoup de gens ouvrent aussi simplement ChatGPT dans un autre onglet et y collent les noms de produits un à un.
L'approche fonctionne, avec des nuances. Nous l'avons mise à l'essai sur de vrais catalogues ce printemps, et les résultats vont d'excellents à embarrassants, selon presque uniquement l'information fournie.
Dans quels cas les descriptions de produits par l'IA aident-elles réellement une boutique en ligne?
L'avantage le plus net est la rapidité sur les tâches répétitives. Un bon premier jet en trente secondes plutôt qu'en quinze minutes, multiplié par quelques centaines de produits, représente des semaines de travail épargnées pour une petite boutique. Le gain est réel.
L'IA aide aussi à surmonter la page blanche. De nombreux propriétaires de petites entreprises connaissent parfaitement leurs produits, mais éprouvent de la difficulté à les décrire par écrit. Un brouillon généré par l'IA leur donne une base sur laquelle réagir. « Non, c'est inexact : ce n'est pas imperméable, c'est hydrofuge » est une phrase beaucoup plus facile à écrire qu'un paragraphe complet à partir de rien.
Elle est aussi utile pour les variantes que personne ne souhaite rédiger : la version courte pour la page de catégorie, la méta-description, la publication pour les réseaux sociaux et la fiche pour une place de marché. Les faits restent les mêmes; seule la longueur change.
Elle aide moins qu'on ne le pense pour le contenu en français. Au Québec, un site Web commercial doit être offert en français; c'est une obligation. Les modèles rédigent en français, et la qualité s'est améliorée depuis un an, mais le résultat ressemble souvent à du français européen ou à une traduction. « Courriel » devient « e-mail », le ton ne convient pas, et la clientèle québécoise le remarque. Nous recommandons de prévoir une révision plus poussée du français que de l'anglais, ou de la confier à une personne qui rédige en français d'ici. Une véritable rédaction bilingue demeure, pour l'instant, un travail humain.
Quelle information faut-il fournir à l'IA?
De véritables renseignements sur le produit, et non seulement son nom. C'est le facteur déterminant.
Taper « écris une description de produit pour une tuque en laine mérinos » produit un joli paragraphe sur la chaleur, la douceur et « le compagnon idéal pour vos aventures hivernales ». Toutes les boutiques qui vendent une tuque en mérinos obtiendront à peu près le même paragraphe, qui ne dit rien du produit précis.
Fournissez plutôt ce que vous savez réellement :
- La matière et la composition, exactement comme sur l'étiquette.
- Le lieu de fabrication, et le fabricant si cela compte pour votre clientèle.
- Les tailles et les mesures.
- Les instructions d'entretien.
- Ce que les clients en ont dit, dans leurs propres mots, tiré de vos avis ou de vos courriels.
- À qui le produit s'adresse, et à qui il ne s'adresse pas.
- Tout ce qui le distingue de celui vendu dans une grande surface.
Le résultat change complètement : il décrit désormais un produit plutôt qu'une catégorie. Nous utilisons à cette fin un simple tableur, avec une ligne par produit, une colonne par renseignement et un modèle de requête qui puise dans chaque ligne. Cette méthode demande plus de temps au départ, mais c'est la seule que nous ayons trouvée qui produise des descriptions dignes d'être conservées.
Un avantage supplémentaire : remplir ce tableur révèle le peu d'information dont on dispose sur certains produits, ce qui est utile à savoir dans tous les cas.
Pourquoi faut-il réviser les brouillons de l'IA pour qu'ils reflètent votre voix?
Parce que le texte généré par l'IA a un style reconnaissable. Une fois repéré, il devient difficile de l'ignorer : tout est « idéal pour », « sublimez » ou « pour débutants comme pour experts », avec trois adjectifs de suite et un point d'exclamation à la fin.
Les clients ne savent peut-être pas le nommer, mais ils le perçoivent, et la boutique se met à ressembler à toutes les autres.
Nous recommandons de lire chaque brouillon en vous demandant si vous le diriez à voix haute à un client devant votre comptoir. Sinon, modifiez-le. Retirez les adjectifs superflus. Ajoutez le détail précis que vous seul connaissez (« le gris est un peu plus foncé que sur la photo »). Utilisez vos propres mots. Si vous avez une façon particulière de présenter vos produits, y compris une touche d'humour ou une expression régionale, conservez-la. C'est ce qu'un générateur ne peut pas fournir, et c'est ce qui fait que la clientèle se souvient d'une petite boutique.
Selon nous, cinquante produits accompagnés de descriptions qui ont une voix humaine valent mieux que trois cents qui ressemblent à une brochure.
Pourquoi faut-il vérifier chaque affirmation?
Parce que des affirmations inexactes peuvent causer un réel préjudice.
Ces outils inventent de l'information, pas souvent, mais avec assurance. Nous avons vu des descriptions générées ajouter « lavable à la machine » à un article qui ne l'est pas, inventer une certification, arrondir une taille ou décrire une caractéristique appartenant à un autre produit au nom semblable. Le texte se lit parfaitement, et c'est précisément là le problème : personne ne s'en aperçoit avant qu'un client retourne un chandail rétréci.
Des affirmations erronées sur une page produit entraînent des retours, des avis négatifs et, dans certains cas, des problèmes juridiques. Une information trompeuse sur un produit demeure trompeuse, peu importe qui ou quoi l'a rédigée.
Chaque renseignement de chaque description doit donc être vérifié à partir de l'étiquette ou de la fiche technique du fournisseur : matières, dimensions, poids, entretien, provenance, compatibilité et tout ce qui comporte un chiffre. Le processus est fastidieux, mais il demeure beaucoup plus rapide que la rédaction à partir de zéro; le bilan reste donc positif.
Quelle est la position de Google sur le contenu rédigé par l'IA?
Les propriétaires de boutiques demandent souvent si Google pénalisera une boutique qui utilise l'IA. Google a répondu à cette question en février dans un billet sur ses consignes concernant le contenu généré par l'IA (en anglais). En résumé, Google évalue l'utilité du contenu, et non la façon dont il a été produit. L'utilisation de l'automatisation principalement pour manipuler le classement demeure du spam, comme auparavant.
Pour les pages produits, nous interprétons cette position comme une mise en garde plutôt que comme une approbation. Trois cents descriptions génériques semblables à celles de tous les concurrents n'entraîneront probablement pas de pénalité, mais elles n'amélioreront pas non plus le classement, puisqu'elles n'apportent rien. Les pages qui performent bien contiennent généralement de l'information précise que les gens recherchent réellement : des mesures, des usages concrets et des réponses aux questions de la clientèle.
Les qualités qui font vendre une description sont aussi celles qui la font bien classer : des renseignements exacts, exprimés avec votre propre voix.
Pour les boutiques qui reposent encore sur le texte des fournisseurs et qui envisagent une révision en profondeur, c'est aussi le moment d'examiner le reste de la configuration, notamment les catégories, les photos et le processus de paiement. Les descriptions ne sont qu'une composante d'une boutique en ligne efficace. Nous recommandons de commencer par les vingt produits les plus vendus et de les traiter avec soin avant de passer aux autres.